Les déménageurs (plintes zé déliés)

Blog de sansblogfix :Foule sentimentale, Les déménageurs (plintes zé déliés)

Les déménageurs
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Le pastaga

L'absynthe
Les labyrinthes

Le chocolat

Les enceintes
Corinthe ?

Les gros bras

Les brunes teintes
La malle étreinte

Le Nutella

Au pied de la plinthe
Corinthe ?

Les boules de Chasselas

Dis moi que c'est une feinte
Empreinte

Du doigt

Glissade sans crainte
RTT sans asteinte

Dessous le drap

Mansarde éteinte
Sous Charpente peinte

Des charabias

Viens là qu'on se pinte
J't'aimerai à Villepinte

Reste ton bas

Au tiroir en complainte
Viens qu'on s'éreinte !

A Balenciaga

J'porterai pas plainte
Plumes sans craintes

Amora !

Maillonnaise en quintes
Et sourires-coloquintes

dimanche 19 février 2012 21:22


Jour de pluie

Blog de sansblogfix :Foule sentimentale, Jour de pluie

La vie est étrange... Je te regardais dormir et c'était salement beau! salement! Je regardais comme étonné de ce soucis de perfection qu'a la nature dans les détails. Ton sourcil, ton cil clos (avant ca je ne te connaissais pas vraiment), la paupière sereine, le sommeil du visage et des traits. Une ineffable douceur et comme l'idée de la beauté là en gros plan à portée de mes yeux... Et puis je ne sais pas pourquoi, j'ai regardé le plafond, je l'ai fixé (avant de me retourner peu après sur ton cil dont mes yeux ne s'étaient pas rassasiés). Donc j'avais les yeux au plafond. Et je n'ai pas très bien compris pourquoi une goutte est venue mouiller mon oeil et couler sur ma joue droite. Tu dormais. J'ai été envahi de nostalgies incontrôlables, peut être pour ca que j'avais l'air triste à l'heure de fin de récré. Un truc aussi bête que ce que se disent ces gens qui se rencontrent et pour qui l'aventure est sans issue "nous nous sommes rencontrés trop tôt"  ou "nous nous sommes rencontrés trop tard" m'aurait envahi très inconsciemment? Enfin, si c'est ca c'est trés inconscient! En vérité je n'en sais rien...

Cela semble si simple entre nous (je me fourvoye peut être, mais avec bonheur). En rentrant, je ne sais pas si j'ai pensé à toi. J'ai pensé aux clichés comme à des photos volées. Comme à une renaissance récréative qui te serait dûe aussi. Je ne sais si c'est de ton cil endormi, mais la nostalgie m'a réenvahi, imparable, à voix haute je prononcais trois fois "mais qu'est ce qui m'arrive?" (en pensant à Steve McQueen dont c'est une des dernières répliques dans la cannoniere du yang tse, ce qui n'a pourtant aucun rapport) et Bashung tournait en boucle et
je projetais les mots bleus sur toi...

Il est 6 heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut être démodé
Le vent d'hiver souffle en Avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers qui s'envolent
Il reste une rancoeur subtile
Qui gacherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qui rendent les gens heureux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus
Je lui dirai
Je lui dirai
Je lui dirai

vendredi 10 juin 2011 03:02


La lettre

Blog de sansblogfix :Foule sentimentale, La lettre

Aline,

Tu vas te demander pourquoi je t'écris. Je ne suis pas persuadé moi-même que ce soit la meilleure façon de faire, mais je n'en ai pas trouvé de moins mauvaises. Hier lors du pique-nique je me suis posé des questions. Des questions sur toi et moi. Peut-être est-ce la crainte que tout n'aille trop vite, je ne sais pas trop. Mais sans que je sache exactement pourquoi, je me suis mis à douter. Serais-je trop romanesque ? Où bien est ce cette facilité et cette insouciance dans laquelle nous baignons et qui sans que nous le décidions tout à fait, comme si cela allait de soi, nous mènerait trop vite à rentrer dans le moule. Je ne crois pas avoir peur de ça, ni du conformisme, ni de partager ma vie avec quelqu'un, et encore moins avec toi. Et pourtant quelque chose me freine.

Cette lettre, je crois, pour te dire cette hésitation floue dont je me suis senti envahi hier après-midi. Non pas quelque chose qui change quoi que ce soit au sentiment que j'ai d'être bien avec toi. Non, rien de tout ça. Quelque chose de fou, d'enfantin, d'innocent, de balbutiant peut-être qui n'est pas là. Une idée sans doute adolescente, voire puérile, de cette sorte de rêverie que peuvent avoir les jeunes filles quant à un prince charmant, ou des jeunes hommes quant à une princesse. J'ai tourné et retourné ce sentiment diffus hier soir, en m'endormant tard. Mais la raison a-t-elle bien à avoir avec tout ça ?

Je te délivre un peu en vrac cette crainte, mes raisonnements, sans trop savoir comment, ni pourquoi. J'ai pensé à cet absence d'obstacle à notre mariage. A l'absence de ces fameux ingrédients romantiques qui font que l'on à a combattre, à surmonter, à dépasser difficultés et épreuves pour atteindre la douceur de se retrouver l'un contre l'autre. Nous n'avons rien de tout ça. Et je crois que cela me perturbe. Que l'avenir puisse être aussi clair, aussi limpide et chargé d'autant de promesses de bonheurs entre nous et qu'il soit si peu caché derrière la moindre ronce ou la moindre ortie, oui, me donne comme un frisson. Crois-tu que l'on puisse avoir des réticences à se laisser porter vers ce qu'est pour tout un chacun le bonheur ? Crois tu que cela puisse effrayer ? Je n'ai sans doute pas assez vécu pour me dédouaner de ce sentiment quelque peu absurde de voir dans cet amour que nous avons là à portée de main, un risque. Un risque d'autant plus immense et dangereux que son fondement m'est aujourd'hui totalement inimaginable.

Je n'imagine guère plus loin que le bout de mon nez, et ne vois que le plaisir que nous avons à être ensemble. Et à la fois, je crains que cela ne me suffise ou ne te suffise. Je crains que nous montions dans le train sans rien voir du décor ou sans rien en avoir vraiment vu, sans connaître suffisamment le paysage pour nous reconnaître vraiment. Voilà, je te le dis, j'ai peur de ce que nous puissions nous réveiller différents ou étrangers devant ce que la vie peut aussi charrier de difficile, de lourd, de désagréments. C'est sans doute très absurde ce que je te dis là. Très absurde oui, parce qu'aujourd'hui rien ne m'autorise à te parler de ce qui n'a pas eu lieu, de ce qui n'existe pas, d'hypothèses négatives ou de craintes que rien n'étaye. Mais je fais ce constat que nous avançons naturellement sans contrainte vers la vie commune et que jamais, ou presque jamais nous n'avons eu à traverser ne serait que l'ombre d'un réel problème. Je ne parle pas là de quelconques divergences de point de vue ou d'opinion, de façons ou de manières mais bien de concrets emmerdements, de ces communs ennuis que l'on doit surmonter à deux.

Tu me diras que, oui, nous nous entendons à merveilles et que rien ne permet de penser que nous ne saurions faire face, de front à ce qui viendrait obstruer la douceur de vivre ensemble. Mais j'ai beau adopter ce point de vue réaliste, j'ai ce frein dans la tête qui me dit que peut être je fais erreur. Que peut-être ça n'est pas suffisant. Que peut-être je me trompe sur toi et sur moi, surtout sur moi. Que peut-être je me réveillerais demain, le souffle d'envies romanesques et d'une histoire romantique et folle chevillé au coeur. Et cela me fait peur. Cela me fait peur que de croire que je pourrais me tromper à ce point. Qu'adviendrait-il de toi et de moi et de ce qui nous lie si ces rêves, ces imageries, tout ce que je peux porter d'images d'Epinal, d'imaginaire venait à ne pas s'endormir auprès de toi mais au contraire à prendre vie en moi de plus en plus, en moi et en moi seul, sans que je puisse le partager et le vivre avec toi. Sans que je puisse le vivre simplement parce que je n'aurais pas eu à lutter, à me battre, à imposer ce qui me ferait vouloir vivre avec toi.

Voilà, je crois que cette lettre est incohérente. Je ne pouvais te dire cette confusion autrement que par écrit. Hier après-midi rien ne me serait venu de cohérent par la parole. Ne m'en veux pas de cette quelque peu étrange franchise, ni de l'aspect très certainement embrouillé de ce que je te dis là. Il est certainement mieux, ou tout du moins, est ce le moins mal, que je te délivre ce qui m'agite depuis peu.

Karl.

samedi 21 mai 2011 13:39


Nuit de pleine lune

Blog de sansblogfix :Foule sentimentale, Nuit de pleine lune

Mes forêts tropicales intérieures se taisent soudain. Plus aucun perroquet ne s'ébroue. A l'équateur le flic floc des gouttes chaudes s'évapore. Milles faunes, en moi, jusqu'au bout des  phalanges, se figent, tendues instinctivement vers ton plaisir.

Je ne vois plus rien. Tu es partout, sans limites, indiscernable, sauvage, cabrée, cambrée, frottée à vif de langueurs automnales. Je cherche tes lèvres. Non, je les chercherai plus tard. Je te bois. Tu m'abreuves. J'en reste baba.

Animale, petit animal. M'enveloppant de chaleurs multiples, incandescente de douceurs brûlantes, je suis aveuglé. Lascive, ton corps s'envole collé à moi, fondu.

vendredi 29 avril 2011 20:38


Tout petit déjà

Blog de sansblogfix :Foule sentimentale, Tout petit déjà


Tout petit j'étais déjà vieux. La vie était-elle t-elle déjà réservée à un monde d'adultes dont je ne savais rien? Quel était ce mystère de ma vieillesse précoce? Ces années lourdes dont, adulte, vous parlent les femmes très tôt, trop tôt, des choses qui vous échappent encore.

Tout petit, je ne savais rien, j'étais innocent. Je résistais, cherchant déjà mon enfance comme si elle fut passée.

Où était-elle cette enfance?

La cour d'école était pleine de rires et de chahuts. Les tables minuscules de la salle de classe jouxtaient quelques pas plus loin dans la cour avec les pissotières turcs alignées. Etait-ce là l'enfance? Dans ces souvenirs de pacotilles,. Etait-ce là?

Je pleurais lors de ma première arrivée à l'école. La rampe et le chemin courbe, goudronné, lentement montant vers le second portail, m'amenaient vers l'inconnu. Je pleurais comme un damné à qui on aurait arraché les yeux dans une salle de torture moyennageuse et souterraine.

L'enfance était-il cet arrachement là? Cette stupeur devant l'abandon dans un monde peuplé d'adultes? Cette propension à être hors de soi?

Tout petit, je fus donc vieux. Ni par choix, ni par volonté. Par instinct simple. Celui de la bête qui cherche l'eau. Par instinct. Pour survivre. Déjà.

lundi 28 février 2011 23:38


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